Notes Historiques sur le Pont Maria Pia

Si Gustave Eiffel est mondialement connu pour sa Tour parisienne, ce n’est heureusement pas la seule œuvre qu’il ait réalisée au cours de sa vie. Et c’est à Porto que se trouve donc sa première grande construction : le Pont Maria Pia. Entièrement métallique, ce pont ferroviaire se compose d’un arc biarticulé avec différents piliers supportant ce que l’on appelle le “tablier ferroviaire” dans le jargon du génie civil. Les travaux débutèrent le 5 janvier 1876 et furent achevés le 31 octobre de l’année suivante. L’inauguration solennelle, quant à elle, eut lieu le 4 novembre 1877 par le roi D. Luis et la reine D. Maria Pia, qui donna d’ailleurs son nom au pont. Le bâtiment fut utilisé durant 114 années de suite jusqu’à ce que le Pont S. João entre en service et prenne le relais en 1991. Maria Pia est une princesse de la royauté italienne qui a épousé Luis 1er de Portugal en 1865.

ENTRE INDUSTRIALISATION, TRANSFERT DE TECHNOLOGIE ET COMMERCE INDUSTRIEL INTERNATIONAL.

On ne peut évoquer le pont Maria Pia sans mettre l’accent sur son caractère extraverti qui se traduit par la question actuelle des transferts de technologies, mais aussi le commerce international de l’industrie qui a commencé vers les années 1880. Le Portugal qui a marqué un certain retard en matière d’industrialisation a eut recours aux savoirs techniques déjà maîtrisés par les entreprises européennes pour la relance de son processus d’industrialisation. C’est ce qui explique la présence de l’entreprise française Eiffeil qui avait déjà acquis une certaine expérience dans la fonte et les constructions aérodynamiques.

Dans sa phase de réalisation et ou mise en oeuvre, plusieurs propositions ont été faites a l’entreprise EIFFEL avant l’adoption finale. Parmi ses entreprises, on peut citer: La société des Batignolles, La Compagnie Five de Lille.

CONTROVERSE AUTOURS DE LA PATERNITÉ DE L’OUVRAGE.

Imposante de part sa structure, l’histoire de la paternité de cet ouvrage a fait couler beaucoup d’encre et susciter de vives polémiques.

De nombreux noms de grandes figures de proue de ingénieure ont été cités. Parmi ses ingénieurs figurent le concepteur de la Tour Eiffel, Gustave Eiffel et Théophile Seyrig.

En effet, Eiffel est l’un des ingénieurs qui ont participé à la construction des premières lignes de chemin de fer du Portugal.

D’autres noms comme Manuel Afonso Espregueira, Directeur Général de la Compagnie Royale de chemins de fer, et Pedro Inácio Lopes ont aussi participé à la réalisation de cet ouvrage.

Si l’ouvrage porte l’emprunte du français EIFFEL, la paternité  de l’arc parabolique revient à Théophile Seyrig.

C’est un ouvrage métallique de 563 m de long est frappé par un arc en fonte à deux articulations, de 160 m d’ouverture, avec une flèche de 42,5 m, à 61 m au dessus du fleuve. Le montage de cet arc a été l’œuvre d’Emile Nouguier.

Lors de la commemoration du 75ème anniversaire du Pont Maria Pia, à Porto en 1952, trois personnalités ont été cité comme étant responsables de cette oeuvre d’art : Manuel Afonso Espregueira, le Directeur Général de la Compagnie Royale de Chemins de Fer, celui qui a résolu définitivement le problème de la traversée du Douro par la voie ferrée du Nord ; Pedro Inácio Lopes, responsable de la décision de traverser le Douro en cet endroit, face au Séminaire, et également responsable pour le démarrage de l’avant-projet ; et enfin Gustave Eiffel. Mais les ingénieurs Gustave Eiffel et Théophile Seyrig reviennent plus souvent dans les divers documents de paternité du Pont Maria Pia. Toutefois, les publications relatives à l’édification de cette construction, quoique récurrente, cette collaboration n’a jamais été définie clairement quand à la contribution exacte des deux ingénieurs à l’élaboration du projet.

Le nom de Gustave Eiffel, grâce à la notoriété acquise à la construction du pont, a presque immédiatement effacé celui de Théophile Seyrig, au point qu’aujourd’hui encore, on attribue au seul Eiffel la paternité de l’ensemble du projet.

Inauguré en 1877, le pont Maria Pia, a immédiatement attiré l’attention par l’audace de sa structure métallique. En effet, d’un côté, une spectaculaire économie de moyens pour sa construction due à des solutions techniques particulièrement bien adaptées; d’un autre côté, une méthode novatrice utilisée pour effectuer les calculs relatifs à la force du vent sur la structure et la conception de son arche métallique, élément fondamental de l’ensemble.

Un an après la construction du pont, on a su que l’arche était due, en fait, à Théophile Seyrig. D’ailleurs, ce dernier, dans la description qu’il a fait de ce projet, présenté l’année suivante à la Société des Ingénieurs Civils, ne fait aucune mention du nom d’Eiffel. En cette même année de 1878, c’est la Maison Eiffel et Cie divulguera le rôle jouè par Théophile Seyrig dans la conception du pont Maria Pia. En effet, une publication qu’elle a édité pour accompagner la présentation d’un modèle réduit de cette structure, au moment de l’Exposition Universelle de 1878, la conception du pont Maria Pia est clairement attribuée à Théophile Seyrig.

Il est aujourd’hui impossible de déterminer le rôle respectif de tous ceux qui, directement ou indirectement, ont été liés à la conception et construction d’une oeuvre de cette envergure. Il est certain que Gustave Eiffel a eu un rôle important, notamment dans la préoccupation d’innovation tout azimut qui est l’apanage même du pont Maria Pia. De surcroît, en qualité de grand responsable de l’entreprise, c’était lui le véritable directeur du projet et c’était au nom de l’entreprise qui porte son nom que ce même projet était présenté.

En somme, le pont Maria Pia a été une oeuvre collective. À cette époque, les grandes œuvres ou ouvrages étaient conçus par plusieurs ingénieurs dont le rôle était aussi important les uns les autres. Leurs efforts de coordination étaient souvent récompensé par un chef-d’œuvre qui va marquer leur époque et mettre à jour le génie humain.

L’ambiguité de la paternité de ce pont est surtout lié au fait que Gustave Eiffel était le directeur du projet, de ce fait son nom se retrouvait naturellement associé logiquement au pont. C’est ce qui a surement contribué à passer sous silence le nom de Théophile Seyrig et lui attribué un rôle secondaire dans la conception du Pont.

La publicité faite autour des ouvrages métalliques (viaducs métalliques de chemin de fer, l’ascenseur de Santa Justa et le Garage etc) attribués  à G. Eiffel a été une source de confusion. En effet, tous les ouvrages réalisés par la “Maison Eiffel” — indépendamment d’avoir ou non été conçus par celui-ci  lui était attribué.

L’abandon de Théophile Seyrig de la société qu’il tenait avec Eiffel en juin 1881, peu de temps après la construction du pont Maria Pia a joué en faveur de ce dernier. Les rivalités entre ces deux géants se sont joués au détours des entreprises Eiffel et Cie et la  Société de Construction de Willebroeck.

Compte tenu de la forte concurrence, il est compréhensible que la Maison Eiffel ait volontairement omis le nom Théophile Seyrig bien que ce dernier ait joué un rôle fondamental dans la réalisation de ce pont.

Dernier point, et non le moindre : grâce au Pont Maria Pia, au viaduc de Garabit (1884) et à la Tour du Champs de Mars (1889), Eiffel a acquis une réputation mondiale qui reléguait ses “collaborateurs” au second plan.

Par delà les conjectures sur les raisons de l’oubli du rôle joué pare Théophile Seyrig pour la construction du pont Maria Pia, il faut reconnaître que son nom a toujours été associé à cet ouvrage et que, dans bien des cas, on lui a fait justice.

Les Portugais  présentent ce pont comme étant d’Eiffel et Seyrig, bien qu’elle n’ait jamais très clairement défini leurs rôles respectifs. De la même façon, quelques ouvrages français dédiés à Gustave Eiffel, en particulier quelques œuvres plus récentes, présentent toujours Théophile Seyrig comme le “véritable” auteur du pont Maria Pia.

Selon Bernard Marrey — l’un des auteurs les plus connus qui ait travaillé sur Eiffel, qui lui a consacré plusieurs volumes, et même une biographie —, ce dernier affirme sans laisser le moindre doute que le projet du pont Maria Pia, présenté par la Maison Eiffel, a été conçu par son associé Théophile Seyrig.

Ainsi, malgré l’importance indéniable de Gustave Eiffel dans la construction du Pont Maria Pia, si l’on considère que l’élément le plus novateur et révolutionnaire de sa structure est son arche parabolique, élément entièrement conçu par Théophile Seyrig.

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