Fulgence Bienvenüe : le Père du métro à Paris

 

« Tout ce qui est nouveau attire les critiques, il ne faut pas toujours croire ce que disent les journaux » disait Fulgence Bienvenüe créateur du métro parisien. Cet ingénieur breton, né le 27 janvier 1852 à Uzel (Côtes-d’Armor) et mort le 3 août 1936 à Paris, treizième enfant d’un Notaire d’ Uzel, fut un inspecteur général des Ponts et Chaussées et père du métro de Paris avec Edmond Huet. Même si Bienvenüe n’a pas été l’inventeur du chemin de fer souterrain (le premier métro est réalisé à Londres) il reste toutefois le réalisateur patient de ce projet, présidant pendant 35 ans aux destinées du métropolitain; il est, en fait, un homme de caractère, obstiné et discret qui croit à cette idée folle « d’un chemin de fer métropolitain… pour faciliter les déplacements à l’intérieur de Paris ».

A Uzel la famille Bienvenüe est hautement respectée: le père de Fulgence est notaire et très cultivé. Il consacre son temps libre à l’histoire et l’archéologie, se passionnant en particulier pour les monuments antiques de la région. Il a transmis son goût pour les auteurs grecs et latins à son dernier fils, et a sans doute eu une influence importante sur ses brillantes études. Son grand-père, magistrat, juriste, écrivain, polémiste est l’auteur d’une œuvre considérable, et fut député à la Chambre des représentants en 1815. Son cousin Édouard Bienvenüe (19011980) était notaire à Mayenne de 1934 à 1965, et conseiller municipal de cette ville de 1940 à 1958.

A l’âge de dix ans, Fulgence Bienvenüe rentre au collège des Eudistes de Valognes et obtient à quinze ans un baccalauréat de philosophie. Son désir d’action, en vue de devenir ingénieur, le conduit à entreprendre des études au lycée Sainte-Geneviève tenu par les jésuites, rue Lhomond à Paris, où il prépare le baccalauréat scientifique, puis le concours d’entrée de l’École polytechnique, qui commence en 1870. Classé neuvième à la sortie de l’École, il est admis 5e sur 18 au Corps des Ponts le 1er novembre 1872 et entre à l’École nationale des ponts et chaussées. Il a l’occasion de donner des cours de mathématiques à Charles de Foucauld, avant d’être nommé Ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées de 3e classe le 26 octobre 1875. Dans cette même année son père  meurt.

Il souhaite, donc, retourner en Bretagne ; mais comme celle-ci est inaccessible aux débutants, il est affecté à l’arrondissement du centre du service ordinaire des Ponts et Chaussées du département de l’Orne à Alençon. Chargé de l’exploitation de 197 kilomètres de routes nationales et d’un système hydraulique de 1400 kilomètres, ainsi que de l’administration de la pêche et des prévisions météorologiques, il s’attache à améliorer la desserte du territoire par les lignes de chemin de fer. Il s’attelle tout d’abord à la construction du chemin de fer de Fougères à Vire, dont le passage à Mortain est particulièrement difficile à réaliser. Pour son succès, ainsi que la réalisation de la ligne entre Alençon et Domfront, il est proposé pour la Légion d’Honneur dès 1879.

Pris d’amour pour la capitale, il se rapproche de Paris. Affecté en février 1884 au 1er arrondissement de la 1re section du contrôle de l’exploitation des chemins de fer de l’Est (900 kilomètres de voies), il fait construire la ligne Paris – Strasbourg jusqu’à Épernay, et contrôle également les 247 kilomètres des chemins de fer du Nord.

Souhaitant être affecté au service municipal, il devient en février 1886 responsable de la 8e section du service municipal de la voie publique dans les 19e et 20e arrondissements, des quartiers populaires. Il poursuit l’équipement en égouts des différents quartiers, fait percer l’avenue de la République dans le 20e arrondissement et aménage le parc des Buttes-Chaumont. Il s’intéresse également au problème des transports pour les quartiers en hauteur, comme Belleville, les ouvriers devant y remonter après leurs journées de travail. C’est ainsi qu’il conçoit le tramway funiculaire, pris en charge par le conseil municipal et inauguré en septembre 1890.

En 1891, il est promu Ingénieur en Chef, en service spécial sous l’autorité de l’Inspecteur Général Humblot pour résoudre un certain nombre de problèmes d’alimentation en eau potable, en cette occasion il réalisera la construction de l’aqueduc de l’Avre de 1891 à 1893, et aussi l’étude de la dérivation des sources du Loing et du Lunain.

En 1895, il réalise avec Edmond Huet l’avant-projet d’un réseau de chemin de fer métropolitain pour la Ville de Paris, à voie étroite et à traction électrique, en s’inspirant des études de Jean-Baptiste Berlier.

Dans la même année, une dépêche ministérielle reconnaît enfin à la ville de Paris le droit de réaliser une desserte orientée par les intérêts urbains. Bienvenüe présente alors un projet définitif que le conseil municipal adopte le 9 juillet 1897, et le 30 mars 1898, une loi déclare d’utilité publique l’établissement dans Paris du Chemin de Fer Métropolitain.

Les travaux sont lancés le 4 octobre suivant afin d’être prêts avant l’exposition universelle de 1900. A cette fin, Bienvenüe est déchargé de ses autres fonctions pour se consacrer exclusivement à cette tâche. Cette première ligne (Porte de Vincennes – Porte Maillot) est inaugurée le 19 juillet 1900 par M. Bienvenüe et la même année, il est nommé officier de la Légion d’honneur.

En cinq ans, les 42 kilomètres des lignes 2 et 3 sont établis. Adopté en 1903, le tracé de la ligne 4 nécessite la traversée sous-fluviale de la Seine, ce qui représente un important défi technique. Commencés en 1904, les travaux sont rendus possibles par la méthode inédite de Résal, mise en œuvre par Chagnaud et dite de fonçage qui consiste au forage vertical de caissons préfabriqués en béton armé formant les tronçons du futur souterrain, ainsi que par une méthode de construction d’un souterrain en zone inondable par congélation du sol. La mise en œuvre de la ligne intervient finalement le 9 janvier 1910. Rapidement le métro est plébiscité par les parisiens.

En 1924, la ville de Paris lui décerne sa Grande Médaille d’or. Le décret du 26 janvier 1929 l’élève à la dignité de Grand-Croix de la Légion d’honneur, comme récompense des services rendus auprès de la ville de Paris. Pour être promu il choisit, comme l’usage le veut, un parrain proche: le maréchal Foch qui mourut quelques semaines plus tard.

Il demeure Ingénieur Conseiller de la Ville jusqu’à sa retraite, le 6 décembre 1932, à l’âge de 80 ans. L’année suivante, le conseil de Paris décide de donner son nom à la station de métro et à la place du Maine. Meurt dans la capitale le 3 août 1936, Fulgence Bienvenüe est inhumé le 7 août au cimetière du Père-Lachaise (division 82) dans l’indifférence générale. Les journalistes, accaparés par l’enterrement de Louis Blériot qui a eu lieu la veille, ne consacreront que quelques lignes à la disparition de ce grand ingénieur.

En 1987, un timbre a été édité en sa mémoire en considérant qu’il a révolutionné éternellement le quotidien des parisiens, en digne héritier du Baron Haussmann.

Bibliographie

Site Web

www.wikipidia.it

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s